L’élection de Jean Ping éclipse les autres sujets inscrits à l’ordre du jour du sommet de l’UA
Par Mamadou NDIAYE, envoyé spécial
APA-Addis-Abeba, (Ethiopie)
Au deuxième jour de leur rencontre aux sommet, les chefs d’Etat de l’Union africaine ont élu vendredi le Gabonais, Jean Ping, comme nouveau président de la Commission de l’UA, avant de suspendre leur huis clos prévu pour reprendre samedi, a constate APA à Addis-Abeba.
L’arrivée de Jean Ping ouvre une nouvelle ère au sein de l’organisation panafricaine en même temps qu’elle clôt un chapitre avec le départ longtemps annoncé du Malien Alpha Konaré.
Dans les couloirs attenant à la salle du huis clos des chefs d’Etat, l’élection du ministre gabonais des affaires étrangères au poste convoité de président de la Commission est diversement accueillie.
« Le président Konaré a tenu parole en quittant la Commission, comme il s’y était engagé », a confié à APA, un ambassadeur africain en poste dans la capitale éthiopienne.
Pour un observateur, basé en Afrique du sud, les chefs d’Etat poussent « un ouf de soulagement avec la sortie du président Konaré que certains considéraient comme un rival potentiel ».
«Konaré a ouvert de nombreux chantiers à la fois et commençait à faire bouger les choses, notamment le relèvement du budget de l’organisation, la rationalisation des organes de l’Union et l’exploration de nouvelles voies de partenariat avec d’autres régions du monde », souligne, admiratif, un consultant, spécialiste des affaires politiques.
Pour autant, Jean Ping n’est pas un inconnu sur la scène africaine où, en sa qualité de ministre des affaires étrangères du Gabon, il s’est impliqué dans les différents dossiers chauds discutés dans les instances internationales, en bénéficiant du parapluie politique du président Bongo, lui-même très écouté de ses pairs d’Afrique.
Crédité d’un important portefeuille relationnel, Jean Ping a bénéficié d’un report de voix bien orchestré auquel, se sont ajoutés des retraits de candidatures, qui ont accru ses chances d’être élu, dans une compétition sans le président sortant.
Des participants aux sessions de l’Union africaine voient dans le choix de M. Ping le retour à plus d’orthodoxie administrative au sein de l’instance panafricaine, désormais pilotée par un haut fonctionnaire expérimenté, sachant «naviguer avec subtilité pour ne pas gêner des susceptibilités ».
Du fait des péripéties de cette élection, l’examen du rapport d’audit de l’UA, mené par le haut panel des personnalités, a été reporté au prochain sommet prévu dans six mois.
Les recommandations que contient le rapport d’audit devraient servir à baliser la nouvelle identité de la Commission avant l’entrée en fonction des nouveaux Commissaires, estiment des experts, sur place.