Le ROPPA préconise une pression sur les autorités politiques pour soutenir l’agriculture africaine
Par Noel Tadégnon, envoyé spécial
APA- Accra (Ghana)
Le président du Réseau des organisations paysannes et des producteurs d’Afrique (ROPPA), Cheikh Mouhamady Cissoko a souhaité au cours d’un panel à la 12e Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) à Accra que les paysans mettent la pression et poussent les autorités politiques de leurs pays respectifs à accorder plus d’attention et de soutien à l’agriculture.
«Les autorités politiques sont à l’écoute des pressions, il faut donc faire pression. Si on ne fait pas pression, rien ne sera fait.», a déclaré Cheikh Mouhamady Cissoko.
Selon lui, il est incompréhensible que dans des pays où 40% du PIB provient de l’agriculture, on ne puisse pas mettre de côté 10 à 15% du budget pour soutenir les paysans.
«Les ministres de l’Economie et des Finances de nos pays ont refusé cette proposition», a regretté Cissoko.
Les chefs d’Etat, a-t-il ajouté, doivent présenter des excuses aux peuples parce que dans la plupart des pays où sévit la faim, les paysans sont les victimes majoritaires.
«Ils produisent une grande partie de la richesse nationale et les bénéfices de cette richesse nationale ne reviennent pas à eux", s’est-il étonné, martelant qu’ il y a "détournement de la plus value agricole contre les paysans ».
«Une autorité ne doit pas sacrifier la majorité de sa population même si elle est pauvre à plus forte raison que c’est cette majorité qui crée la richesse », a ajouté M. Cissokho.
Pour faire face à la crise alimentaire, Cheikh Mouhamady Cissoko propose que la campagne agricole qui vient, soit subventionnée.
«Il faut une subvention de 50% pour les intrants», a plaidé le président du ROPPA qui suggère « des vivres de soudure partout où il y a des besoins, la création d’un marché régional protégé dans la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, comptant 15 pays membres).