Une ONG camerounaise contre la cession « sauvage » des terres aux étrangers
APA-Douala (Cameroun)
L’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC) mène actuellement une campagne de sensibilisation à travers le pays pour dénoncer et prendre à témoins les Camerounais contre une politique gouvernementale basée sur une « cession sauvage » des terres aux firmes étrangères.
Sous le slogan, « céder nos terres aux étrangers sans y prendre garde constituerait une menace sérieuse pour l’avenir et le devenir du Cameroun », la caravane de l’ACDIC veut dénoncer « certaines pratiques mafieuses » qui pourraient déboucher « sur des risques graves pour le pays ».
"La conjoncture de l’ignorance et de la pauvreté fait en sorte que les entreprises étrangères s’approprient de vastes terres cultivables presque pour rien, alors qu’il suffit d’instaurer une bonne politique agricole pour amener les populations à s’investir et à moderniser l’agriculture pour le Cameroun", indique l’ACDIC, ajoutant que 67 pour cent de la population vivent de l’agriculture.
Le Cameroun qui compte environ 20 millions d’habitants pour une superficie de 475.000 km2 compte, selon les statistiques de l’ACDIC, 45 pour cent de forêts denses et de savanes, 31 pour cent de pâturages et 15 pour cent des terres arables disponibles.
« Il suffit de définir une politique agricole efficace avec ce que cela comporte comme mécanisme de financement de l’agriculture, l’organisation générale de ce secteur et l’appui multiforme aux agriculteurs pour exploser la production agricole », souligne l’ACDIC.
Cette organisation pense que le développement du Cameroun ne repose pas sur l’installation des firmes étrangères, car « la solution n’est pas d’octroyer 10.000 (dix mille) hectares de terre à un Indien pour la culture du riz et du maïs, ou 6.000 (six mille) hectares à un Chinois pour cultiver le riz puisqu’à ce rythme, les Camerounais ne disposeront plus d’espace pour mener une agriculture de subsistance ».