Alio Badio Gamatié, nouveau Premier ministre du Niger
APA-Niamey (Niger)
Le chef de l’Etat nigérien, Mamadou Tandja, a nommé au poste de Premier ministre, Alio Badio Gamatié, actuel vice-gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) à Dakar, a appris APA samedi de source officielle.
Ce quinquagénaire, économiste de formation et ancien ministre des Finances (2001-2003), était aussi Conseiller spécial du Président de la république, chargé des questions minières.
Présenté comme un proche du Président Tandja, le nouveau Premier ministre a été également un collaborateur de l’ex-Premier ministre Hama Amadou, avant d’occuper le poste de Vice-gouverneur auprès de la Banque centrale à Dakar.
Alio Gamatié succède à Seini Oumarou, nommé en juin 2007, et qui a démissionné le 23 septembre dernier pour briguer un poste de député aux élections législatives prévues le 20 octobre prochain.
Outre le Premier ministre, deux autres ministres candidats à la députation ont également démissionné de leur poste. Il s’agit de Mohamed Ben Omar et de Issaka Labo, respectivement ministre de la Communication porte-parole du gouvernement et ministre des Affaires religieuses et de l’Action humanitaire.
Ces départs sont consécutifs à une nouvelle ordonnance prise récemment par le Président Mamadou Tandja et en vertu de laquelle tout membre du gouvernement candidat à un poste électif est tenu de démissionner de ses fonctions ministérielles.
De nouveaux membres du gouvernement n’ont pas été désignés.
Elhadj Seini Oumarou (59 ans) a été reconduit à ses fonctions, en août dernier, au lendemain de la démission de son gouvernement en raison de la promulgation d’une nouvelle Constitution consacrant l’entrée dans une sixième république qui a prolongé le mandat du Chef de l’Etat de trois ans.
Président du MNSD, le parti présidentiel, l’ex-Premier ministre est en lice au titre de la Commune de Tillabery, sa ville natale. Selon des observateurs, il serait en bonne position pour être élu au cours de ces législatives pour lesquelles l’opposition a appelé au boycott.
Quant aux anciens ministres, Ben Omar et Labo, ils se présentent respectivement au titre du RDP et du PSDN, dans les régions de Zinder et Maradi, au centre-est du Niger.
Le chef de l’Etat nigérien a adopté une nouvelle constitution à l’issue d’un référendum controversé au cours duquel le « oui » l’a emporté à 92,50 pour cent, des chiffres récusés par l’opposition qui a boycotté le scrutin en raison de son procédé jugé illégal par la Cour constitutionnelle.
A la fois dénoncé et critiqué par la Communauté internationale, la tenue de ce vote a provoqué la rupture de l’aide budgétaire accordée au Niger par l’Union européenne ainsi que la suspension des engagements des Etats Unis envers ce pays, dont le budget est pourvu à plus de 50 % par l’aide extérieure.
L’opposition nigérienne regroupée au sein de la Coordination des forces pour la démocratie et la république (CFDR) dénonce une « dictature » instituée par le Président Tandja, qui devait quitter le pouvoir en décembre prochain, selon l’ancienne Constitution adoptée en 1999.