Le Sénégal en quête de réformes pour attirer davantage d’investissements, selon l’USAID
APA-Dakar (Sénégal) Un afflux massif d’investissements privés est prévu dans les prochaines années au Sénégal qui amorce un changement d’échelle pour accueillir ces financements, a pronostiqué lundi l’économiste Ousmane Sané de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID).
Ces investissements massifs attendus constituent, selon M. Sané, une tendance lourde de l’économie sénégalaise au même titre que la promotion des exportations, perçue comme un pilier de la stratégie de croissance accélérée initiée par le gouvernement du Sénégal.
M. Sané, qui s’exprimait au cours d’une rencontre avec la presse, souligne que le profil des indicateurs déjà élaborés intègre le Sénégal dans les dix pays les plus réformateurs à l’horizon 2009.
Il a précisé que l’Egypte, le Kenya et le Ghana ont achevé en 2008 leur processus de réformes, ce qui les range parmi les pays émergents susceptibles, grâce à leur climat amélioré des affaires, d’attirer davantage de capitaux à la recherche d’opportunité d’investissement.
Le Sénégal, ajoute l’économiste de l’USAID, doit introduire une substantielle dose de flexibilité dans son code du travail en généralisant par exemple les contrats à durée déterminée (CDD) pour asseoir les bases de compétitivité de son économie.
Comparé aux autres pays en quête d’émergence, le coût unitaire du travail paraît trop élevé au Sénégal, qui peine à relever le niveau de formation de sa main d’œuvre dont les contre-performances agissent sur la productivité des entreprises et hypothèquent leurs marges de compétitivité, a-t-il relevé.
« Trop de fêtes, trop de jours fériés et moins de travail », caractérisent l’économie du Sénégal, affirme Ousmane Sané qui établit une échelle de comparaison avec les autres pays nourrissant les mêmes ambitions d’émergence pour s’apercevoir que Dakar peut mieux faire.
Les responsables de l’USAID mettent l’accent sur l’appui au Sénégal dans la gestion des réformes structurelles, nécessaires, selon eux, à l’amélioration du profil des indicateurs sur l’environnement des affaires », inscrit sous le label de « Doing Business ».
Ils insistent à cet égard sur les impératifs de réformes, mettant l’accent sur l’introduction de « plus de flexibilité » dans le code de travail, la réduction de la durée du coût d’enregistrement pour les investisseurs privés, l’accès à la propriété foncière et des facilités pour l’aménagement de sites industriels.
L’accès à la propriété foncière est un autre sujet de préoccupation de l’USAID qui a infléchit sa politique d’intervention au Sénégal pour explorer les opportunités du monde agricole dans le but de réduire la pauvreté » et accroître les revenus des populations en les impliquant dans la transformation de leur quotidien.
C’est ainsi que l’agence américaine a fortement appuyé l’essor des conventions locales qui s’est traduit par des capacités accrue des collectivités en matières de gestion des ressources naturelles et l’élaboration de programmes de bonne gouvernance dans des sites modèles de la région de Tambacounda, à l’est du Sénégal.
L’USAID se plaît à relever les 18 conventions locales approuvées qui couvrent une superficie totale de deux millions et demi d’hectares favorisant une gestion concertée de l’environnement et « la valorisation des produits forestiers » qui s’est traduite par la hausse de 1129% des revenus de quelque 150 producteurs de charbon.
Présente au Sénégal depuis sa création, l’USAID a investi plus d’un milliard de dollars dans une grande diversité de projets visant à lever les contraintes du développement national et s’apprête à rencontrer mercredi les pouvoirs publics sénégalais pour la traditionnelle revue annuelle de la coopération bilatérale.