Burkina - Gouvernance - Instabilité

Burkina Faso : Damiba a-t-il démissionné ?

APA - Ouagadougou (Burkina Faso)

Rien n'est moins sûr au surlendemain du coup d'État du capitaine Ibrahim Traoré contre le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba.

Quarante-huit heures après le coup de force du capitaine Ibrahim Traoré, le flou persiste toujours sur l'identité de l'homme qui préside véritablement aux destinées du Burkina Faso.

Pourtant, vendredi 30 septembre, le jeune officier subalterne a affirmé avoir « déchu » le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba, auteur du putsch du 24 janvier 2022 contre Roch Marc Christian Kaboré, de son « pouvoir d'État » après une journée de mutinerie des « cobras », unité en première ligne dans la lutte contre les jihadistes.

Dans la foulée, toutes les institutions ont été dissoutes et des concertations annoncées pour désigner un nouveau président. Mais le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba n'a pas officiellement dit son dernier mot.

Samedi 1er octobre, des tirs ont été encore entendus à Ouagadougou. Et des hélicoptères de l'armée aperçus dans le ciel de la capitale du « pays des Hommes intègres ». En plus des échanges de tirs à l'arme lourde, la lutte pour le pouvoir se joue aussi sur le terrain de la communication.

Le capitaine Ibrahim Traoré a multiplié les interviews pour justifier le « renversement » de son ancien camarade du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR), l'appelant « à se rendre » pour éviter un bain de sang. De son côté, le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba s'est également exprimé à travers la page Facebook de la présidence du Faso pour inviter « à la raison » le capitaine Ibrahim Traoré et ses hommes.

Dans ce méli-mélo, l'État-major général des armées burkinabè s'est gardé de prendre parti, en privilégiant une sortie de crise « négociée ». Ainsi, le patron de l'armée, le Colonel-Major David Kabré, a annoncé la poursuite des pourparlers pour un dénouement heureux. Des négociations dans lesquelles seraient impliqués des chefs coutumiers et religieux.

Jusque-là, rien d'officiel n'est encore sorti de ces discussions, mais plusieurs sources locales affirment que le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba aurait rendu sa démission.

Pour d'autres interlocuteurs d'APA News, cette thèse s'inscrit dans le cadre de « la guerre informationnelle à laquelle on assiste depuis plusieurs heures entre les deux camps ».

En tout cas, le capitaine Ibrahim Traoré, dans une nouvelle déclaration à la télévision publique, ce dimanche 2 octobre, n'a pas confirmé la démission du lieutenant-colonel Paul Henri Damiba. Il a seulement assuré que « la situation est sous contrôle », non sans appeler à la cessation des actes de vandalisme et de violence.

AC/id/APA

Réagir à cet article