Massacre d’éléphants à grande échelle au Nord du Cameroun
APA-Yaoundé (Cameroun)
Au moins 500 carcasses d’éléphants, abandonnées par des braconniers, ont été découvertes dans le parc national camerounais de Bouba Ndjidda, situé au nord-est du pays, a appris APA vendredi de sources concordantes.
Ce chiffre, selon un éco-garde de cette aire protégée joint au téléphone, devrait être nettement inférieur à la réalité, le parc, dont certaines parties sont difficiles d’accès, s'étendant sur une superficie de quelque 220 000 hectares.
Les braconniers seraient des Soudano-tchadiens équipés d’armes lourdes et à la recherche de pointes d’ivoire.
Depuis trois ans, l’accès au parc tchadien de Zakouma étant devenu difficile, c’est vers Bouba Djidda que ces braconniers se sont désormais tournés.
Face au silence des autorités camerounaises, le chef de la délégation de l’Union européenne au Cameroun, Raul Mateus Paula, a saisi voici quelques jours le ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) ainsi que le secrétariat général de la présidence de la République, afin qu’une action urgente soit engagée pour sauver ce qui peut encore l’être.
A la même période en 2010, 15 éléphants et deux éco-gardes avaient été abattus dans le parc national de Bouba Ndjidda.
Le massacre des pachydermes, constate-t-on, prend chaque jour de l’ampleur au Cameroun.
Selon des statistiques du MINFOF, rien que pour 2009, 1262 munitions et 274 pointes d'ivoire ont été saisies et détruites au terme de 631 patrouilles effectuées dans les aires protégées du pays.
Un comité technique dit de collecte des données du Système global international pour le suivi du commerce illicite des spécimens d’éléphants (ETIS) a été mis sur pied au MINFOF depuis mars 2009. Toutefois, ses bonnes intentions semblent limitées face à l’armada des chercheurs d’ivoire.