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Sahel: Mort annoncée d'un cadre de l'Etat islamique

APA - Dakar (Sénégal) Par Abdou Cissé

Cadre de l'Etat islamique au Sahel, le Nigérien Iliassou Djibo, surnommé Petit Chaporé, aurait été tué fin octobre dans dans la guerre fratricide entre jihadistes sahéliens.

Activement recherché par plusieurs services de renseignement sahéliens et occidentaux, Iliassou Djibo alias Petit Chaporé aurait été tué. Le jihadiste nigérien serait mort fin octobre dans des affrontements entre l'Etat islamique au Sahel (EIS) et le Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM), dans l'est du Mali, non loin de la frontière avec le Niger. 

Plusieurs médias nigériens ainsi que des spécialistes des groupes jihadistes ont confirmé la mort du jihadiste. Cependant des sources sécuritaires contactées par APA restent prudentes. “Selon mes informations, il n'a même pas pris part aux affrontements entre l'EIS et le GSIM”, soutient l'une d'elles.

Si elle se confirme, sa mort serait un coup dur pour la branche sahélienne de l'Etat islamique. Ancien membre du le Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), un groupe créé en 2011 par le jihadiste mauritanien Hamada Ould Mohamed Heirou, alors en rupture avec Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et l'arabe malien Ahmed Tilemsi, Petit Chaporé a milité à Almourabitoune, groupe né en 2013 d'une fusion du MUJAO et des Moulathamounes (Enturbannés) du jihadiste algérien, Mokhtar Belmokhtar.  

Recherché par les Etats-Unis

Lorsque Adnan Abou Walid Al Sahraoui, un ex cadre d'Al Mourabitoune, fait allégeance à l'Etat islamique en 2015, Iliassou Djibo figurait parmi ses premiers "soldats", ceux qui vont constituer le noyau dur de la succursale du “Califat islamique” proclamé par Abou Bakr Al Baghdadi en Irak. 

Le 4 octobre 2017, des forces spéciales américaines et des soldats nigériens tombent sur une embuscade des insurgés islamistes. Le bilan est lourd. Huit militaires sont tués, dont quatre Américains et quatre Nigériens. Le 12 janvier 2018,  Al Sahraoui  revendique cette opération, relevant l'aura de son groupe auprès du commandement central de l’État islamique dont les provinces syro-irakiennes étaient en difficultés. 

Les Américains lancent à travers le programme “Reward for justice” la traque contre les auteurs de cette attaque et offrent jusqu'à 5 millions de dollars pour toute information facilitant leur capture. Mais Petit Chaporé échappe aux multiples opérations des militaires français visant le commandement de l'EIS en 2021 et qui ont permis de tuer en août Al Sahroui, avec l'aide des Américains. Très actif à la frontière entre le Mali et le Niger, Petit Chaporé aurait joué un rôle important dans la montée en puissance de l'EIS dans l'Est du Mali et les exactions contre les civils dans cette région.

AC/APA

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