Polémique au Bénin autour de la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée
APA-Cotonou (Bénin)
Une vive polémique oppose actuellement l’opposition au pouvoir du président Yayi Boni sur la question de la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (LEPI), dont l’objectif est d’avoir des consultations électorales transparentes et crédibles en mars 2011.
La réalisation de la LEPI est confrontée aux divergences de la classe politique béninoise, l’opposition estimant que les conditions ne sont pas encore réunies pour assurer une liste consensuelle et fiable pour les prochaines élections, alors que l’exécutif apporte la réplique et persiste qu’il mettra tout en œuvre pour que le processus aboutisse.
« Nous constatons que les deux premières étapes de la réalisation de la LEPI qui en comporte trois, notamment la cartographie censitaire et le recensement des citoyens, se déroulent avec la seule participation des représentants du pouvoir puisque cartographes et recenseurs sont tous désignés par la majorité des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) », a déclaré Me Adrien Houngbédji.
Dans une déclaration publiée dans la nuit de lundi à Cotonou, ce challenger du président Yayi Boni au second tour des présidentielles de mars 2006 a souhaité la réalisation d’un document électoral crédible pour les prochaines consultations électorales de mars 2011.
« La LEPI dont nous voulions qu’elle instaure transparence et fiabilité est devenue la LEPI de l’exclusion et de l’opacité. Une LEPI hors la loi ! La LEPI dont nous voulions qu’elle soit un facteur de paix est devenue un facteur de division et, à terme, un facteur de trouble », a-t-il fait observer.
Mais pour le président béninois, Yayi Boni, tout sera mis en œuvre pour la réalisation d’un document électoral crédible en vue d’un bon déroulement des prochaines consultations électorales au Bénin.
« Aujourd’hui, les conditions sont réunies pour qu’enfin notre pays se dote d’instruments modernes de gestion des consultations électorales et réduise efficacement et durablement toutes menaces de fragilisation de notre système démocratique », a-t-il indiqué, réaffirmant son engagement à la réalisation de la LEPI.
« Voilà pourquoi je voudrais réaffirmer avec force la nécessité de conduire les prochaines élections présidentielles et législatives sur la base d’une liste électorale sécurisée et consensuelle, affranchie d’un système de mise à jour manuelle et répétitive et à terme, moins coûteuse », a-t-il souligné.
« L’occasion est certainement propice pour réaffirmer à la Nation et à la communauté internationale que le serment que j’ai prêté le 6 avril 2006 sera intégralement respecté. Il est donc clair dans mon esprit que le mandat du Président de la République est de cinq ans. En d’autres termes, le 5 avril 2011 à minuit prendra fin la mission que le vaillant peuple béninois m’a confiée à la tête de notre Nation. L’élection présidentielle de 2001 sera par conséquent organisée à bonne date », a-t-il déclaré.
.
Depuis la Conférence des Forces vives de la Nation de février 1990, le Bénin a organisé plusieurs élections dont quatre présidentielles, cinq législatives et deux locales, dont les dernières ont eu lieu en avril 2008.
Cependant, a-t-on indiqué, malgré les efforts notables qui ont été fournis, pour rendre le processus électoral transparent et crédible, le système électoral du pays fait l’objet aujourd’hui de nombreuses controverses quant à sa capacité à garantir un scrutin sans tâche.
A cet effet, les résultats des travaux des experts mandatés pour évaluer le système électoral au Bénin font état de certains dysfonctionnements relatifs, entre autres, à l’installation tardive de la Commission électorale nationale autonome (CENA), à la lenteur dans la transmission et la proclamation des résultats et au manque de fiabilité du système d’enregistrement des électeurs.
« Ces conclusions mettent l’accent sur la nécessité et l’urgence d’établir une liste électorale transparente, permanente et sécurisée », a-t-on précisé.