Trois commissaires onusiens en Guinée pour faire la lumière sur les massacres du 28 septembre
APA-Conakry (Guinée)
Les membres de la commission internationale d’enquête créée par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, sont arrivés mercredi à Conakry où ils séjourneront jusqu’au 4 décembre en vue de faire la lumière sur la répression perpétrée le 28 septembre dernier contre des manifestants de l’opposition, faisant plus de 150 morts selon les Nations Unies.
Ce jeudi, selon des sources proches du dossier, le président de ladite commission, Mohamed Bedjaoui, ancien ministre des Affaires étrangères algérien, et ses deux collaboratrices, à savoir Françoise Ngendahayo Kayiramirwa et Pramila Patten, seront reçus par le capitaine Moussa Dadis Camara.
Avant de s’envoler pour Conakry, les trois commissaires avaient eu un entretien avec le Secrétaire général Ban Ki-moon, qui les a rassurés de la disponibilité de la junte à coopérer dans cette enquête.
Ban Ki-moon aurait alors déclaré que « la commission devrait travailler de manière indépendante pour établir les faits et faire des recommandations », selon des sources onusiennes.
A en croire ces mêmes sources, « le Secrétaire général aurait reçu l’engagement écrit du président Dadis Camara et du Premier ministre Komara que les autorités guinéennes coopéreront et faciliteront le travail de la commission d’enquête internationale ».
Une équipe d’enquêteurs agissant au compte de la commission onusienne avait précédé les trois commissaires dans la capitale guinéenne où ils ont pu entendre près de 1000 témoins, dont des victimes de viols et des parents de personnes disparues, selon une source proche de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme (OGDH).
Ces témoignages ont été recueillis dans les locaux de l’OGDH et dans les sièges de certains partis politiques, dont les militants ont été les plus touchés par la répression sanglante.
C’est le cas notamment de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo.
Les personnes appelées à témoigner auraient déclaré qu’elles ne se sentaient plus en sécurité dans les sièges de leurs partis respectifs.